Nombre (nom masculin, subst. masculin)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Nom masculin 

XII e siècle, numbre. Issu du latin numerus, de même sens.

I. Notion permettant d'indiquer la quantité d'éléments qui forment un ensemble d'êtres ou de choses, d'établir le rapport d'une quantité à une autre quantité de même nature, appelée unité et prise comme référence ; par méton., le symbole par lequel on représente cette notion. Écrire un en chiffres arabes, en chiffres romains, en lettres, en toutes lettres. Le 20, le 62
3. Un de quatre chiffres, à quatre chiffres. Nombre collectif, qui désigne un groupe d'unités formant un tout, tel que « dizaine », « douzaine », « centaine », etc. Nombre cardinal, voir . Nombre ordinal, qui marque l'ordre, tel que « premier », « deuxième », « troisième », etc.
1. Élément d'un ensemble défini par des propriétés opératoires, servant à compter, comparer, mesurer, calculer. Nombre entier, qui contient une ou plusieurs fois l'unité, qui est obtenu par addition de plusieurs unités. Nombre entier naturel, entier positif. 1, 2, 3 appartiennent à l'ensemble des s entiers naturels. Nombre entier relatif, entier auquel on affecte un signe positif (+) ou un signe négatif (-). +1, +3, -2, -1, 0 font partie de l'ensemble des s entiers relatifs. Nombre décimal, quotient d'un entier relatif par une puissance de 10. Nombre rationnel, qui peut être exprimé par le rapport de deux s entiers, c'est à dire par une fraction. + 2/3,

1/2, - 4/5 font partie de l'ensemble des s rationnels
irrationnel,
qui ne peut être exprimé par un entier ou par le quotient de deux s entiers. Nombre réel, appartenant à l'ensemble formé par les s rationnels et les s irrationnels . Nombre algébrique, réel qui est la racine d'une équation algébrique à coefficients entiers. Nombre transcendant, irrationnel qui n'est pas algébrique. ? (=3,1416) est un transcendant. complexe, voir . branche des mathématiques qui traite des propriétés et des rapports entre des s entiers. Nombre premier, entier naturel qui n'est divisible que par lui-même et par l'unité. 1, 2, 3, 5, 7 sont des s premiers. Nombres premiers entre eux, qui n'ont aucun diviseur commun. Nombre pair, impair. Nombre parfait, entier égal à la somme de tous ses diviseurs. 28, qui est égal à la somme de tous ses diviseurs, 1, 2, 4, 7 et 14, est un parfait. Additionner, soustraire, diviser, multiplier des s. Élever un au carré, à la puissance n. Calculer la racine carrée, la racine cubique d'un . On a utilisé aussi les notions de abstrait, concret, fractionnaire, incommensurable, voir ces mots. Nombre arithmétique s'est dit pour Nombre entier naturel.
2. Nom donné à certaines grandeurs conventionnelles, déterminées ou non, propres à un domaine. Nombre caractéristique, pour certains phénomènes, rapport entre des grandeurs physiques qui en permettent l'étude. Le de Mach est un caractéristique. Nombre d'oxydation, permettant d'évaluer le degré d'oxydation d'un élément dans une combinaison chimique. Nombre atomique, syn. de Numéro atomique . Nombre d'Avogadro, indiquant le de molécules contenues dans une mole de substance. La valeur numérique du d'Avogadro est égale à 6,022 x 10 2
3.
Nombre de masse, total des protons et des neutrons qui constituent le noyau d'un atome. Nombre quantique d'un atome, d'un électron, servant à définir les états d'équilibre de cet atome, de cet électron. Nombre aléatoire, voir . La loi des grands s, selon laquelle la fréquence de réalisation d'un évènement et la probabilité qu'il arrive, déterminées par le calcul, tendent à se confondre dès lors qu'on multiplie le des épreuves. La loi des grands s est le fondement du calcul des probabilités. Spécialt. Nombre d'or. . Rapport de proportions tenu pour particulièrement harmonieux, qu'on utilise depuis l'Antiquité en architecture, en sculpture, en peinture. Selon la plupart des évaluations, la valeur numérique du d'or serait de 1,61
8.


Rang occupé par une année dans le cycle de dix-neuf ans auquel elle appartient, selon le cycle lunaire de Méton adopté dans le calendrier grec au V e siècle avant Jésus-Christ (cycle de dix-neuf années au bout duquel le Soleil, la Terre et la Lune reprennent les mêmes positions relatives). Le d'or est un des éléments qui, dans le calendrier ecclésiastique, permettent de déterminer la date de Pâques et des autres fêtes mobiles.

II. Quantité plus ou moins importante d'êtres ou de choses.
1. En parlant d'une quantité quelconque. Quel est le d'habitants de cette ville, le de kilomètres qui nous séparent de Marseille ? Un grand de soldats périrent dans le combat. Un petit , un élevé, un bon de personnes. Le plus grand était d'avis de partir sans attendre. Un fixe. Un rond (fam.), simplifié par addition ou par suppression d'une ou de plusieurs unités ou décimales. Spécialt. Le livre des Nombres ou, ellipt., Les Nombres, le quatrième livre du Pentateuque, ainsi appelé parce qu'il contient le dénombrement du peuple hébreu. Loc. prép. Au de, du de, parmi, au rang de. On l'a rangé au des saints, des martyrs. Il n'est pas du des candidats reçus ou, ellipt., il n'est pas du .
2. Sans adjectif. Pour parler d'une quantité importante ou pour exprimer l'idée d'abondance, de multitude. Ces soldats ont succombé sous le des assaillants ou, ellipt., sous le . Ils ont le pour eux, l'avantage du . J'ai vu ces tableaux ; dans le , il y en a beaucoup de médiocres et peu d'excellents. Loc. Nombre de, beaucoup. Nombre de témoins ont pu le voir (dans cette construction, est suivi d'un verbe au pluriel). Je l'ai rencontré de fois. Loc. adv. En , en quantité importante. Envoi en , voir . Venir en , venir ux. Ne pas être en , se dit lorsque, dans une réunion, les personnes présentes ne sont pas assez uses. Loc. verb. Faire , former un ensemble important. À cette cérémonie, il a invité ses relations les plus lointaines pour faire . Par ext. Péj. Cette personne n'est là que pour faire , elle ne joue aucun rôle effectif.
3. Catégorie sous laquelle on range les mots variables selon qu'ils s'appliquent à un seul être, à une seule chose, ou à plusieurs. En français, l'adjectif qualificatif s'accorde ordinairement en genre et en avec le nom qu'il complète.

Harmonie qui résulte de l'arrangement rythmé et cadencé des éléments d'une phrase, d'un vers
Cette période a du , manque de .


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom masculin 

Notion tirée, par abstraction, de l'idée de collection d'êtres ou de choses. D'une manière générale, un représente le Rapport d'une grandeur à une grandeur de même espèce. "L'unité est le principe des s. Les anciens ont prétendu qu'il y avait une grande vertu dans les s."
"Nombre cardinal," Tout qui sert à marquer la quantité, comme Un, deux, trois, etc. "Nombre ordinal," Tout qui sert à marquer l'ordre, comme Premier, second, troisième, etc. "Nombre collectif," Tout qui exprime un Ensemble d'unités formant en quelque sorte un tout comme Une dizaine, une vingtaine, une centaine, etc.
"Nombre proportionnel," Tout qui exprime un multiple d'un autre, comme Double, triple, quadruple.
"Nombre entier," Celui qui contient l'unité un certain de fois exactement, comme Un, deux trois, quatre, cinq, etc. "Le entier exprime combien il y a d'objets dans une collection d'objets; il exprime aussi combien de fois une grandeur en contient une autre de même espèce."
"Nombre fractionnaire," Celui qui ne contient que des parties de l'unité, comme Un demi, deux tiers, trois quarts, etc. : on l'appelle autrement "Fraction."
"Nombre pair," Celui qui est divisible par deux.
"Nombre impair," Celui qui n'est pas divisible par deux.
Fam., "Nombre rond," Nombre simplifié par addition ou par suppression de certaines unités. "Cinquante est un rond par rapport à quarante-neuf et à cinquante-un."
"Nombre premier," Tout qui ne peut être divisé exactement par aucun autre que par l'unité et par lui-même, comme Trois, cinq, sept, onze, treize, etc.
"Nombres premiers entre eux," Nombres qui n'ont point de diviseur commun, tels que dix- huit et trente-cinq.
"Nombre abstrait," Nombre considéré seulement en lui-même, abstraction faite de la nature des unités qu'il représente.
"Nombre concret" se dit spécialement de l'Application du abstrait à quelque sujet que ce soit.
"La science des s," L'arithmétique.
"Théorie des s," Partie des mathématiques qui traite des propriétés des s.
"Le livre des Nombres," ou "Les Nombres," Le quatrième des livres de Moïse, ainsi appelé parce qu'il contient le dénombrement du peuple hébreu.
En termes d'Astronomie et de Chronologie, "Le d'or" est le Rang d'une année dans la période de dix-neuf ans à laquelle elle appartient dans le cycle de Méton, c'est-à-dire le cycle des dix-neuf années au bout desquelles le soleil, la terre et la lune reprennent peu à peu les mêmes positions relatives.
NOMBRE signifie aussi Quantité indéterminée. "Un petit . Un grand . Un fixe, déterminé. Un grand de soldats périrent dans ce combat. Le plus grand était d'avis... Ils étaient en égal, en pareil . Nous étions le même que l'autre fois. Nous étions un grand . Ils étaient en assez bon . Il a fourni le d'exemplaires convenu. Compléter, remplir le . Augmenter, accroître, diminuer, excéder, surpasser le ."
"N'être là que pour faire " se dit d'une Personne qui ne joue aucun rôle effectif dans la compagnie dont elle est membre, dans la réunion dont elle fait partie.
NOMBRE signifie aussi Quantité, multitude. "Il a d'amis, il en a un bon . Il a succombé sous le . La valeur dut céder au . Ils arrivèrent en . Je l'ai rencontré de fois." En ce sens il s'emploie sans article avec le verbe au pluriel. "Nombre de témoins ont pu le voir."
"Livres en ," Ceux dont un marchand de livres d'occasion possède de ux exemplaires.
On dit "Ne pas être en " lorsque, dans une réunion, Les personnes présentes ne sont pas assez uses pour remplir l'objet de la réunion, émettre un vote valable, rendre un jugement, etc.
NOMBRE se dit, en termes de Grammaire, des Noms, des articles, des adjectifs, des pronoms et des verbes, selon qu'ils s'appliquent à un seul être, à une seule chose ou à plusieurs. "Nombre singulier. Nombre pluriel. Dans la plupart des langues, le nom et l'adjectif doivent s'accorder en genre et en ."
NOMBRE désigne encore l'Harmonie qui résulte d'un certain arrangement de mots dans la prose et dans les vers. "Cette période, cette phrase, ce style, cette prose, cette poésie a du nombre, manque de ."
DANS LE NOMBRE, qui signifie Parmi plusieurs, entre plusieurs, et qui s'emploie relativement à des personnes ou à des choses dont on vient de parler. "J'ai vu ces tableaux; dans le , il y en a beaucoup de médiocres, il y en a peu d'excellents."
AU NOMBRE DE, DU NOMBRE DE, . Parmi, au rang. "On l'a mis au des saints, des martyrs. Il est au des hommes illustres. Ceux qui sont du petit des élus. Il m'a mis au de ses amis. Je suis du de ceux qui l'estiment. L'ancienne Rome mettait souvent ses empereurs au des dieux après leur mort."
DU NOMBRE s'emploie quelquefois adverbialement. "J'ai vu la liste des personnes invitées, vous n'êtes pas du ."
SANS NOMBRE, En très grand , en quantité que l'on suppose innombrable. "Cet événement a eu des témoins sans . Les réclamations étaient sans ."



Dictionnaire d'Emile Littré

Subst. masculin 



 1   L'unité, une collection d'unités, les parties de l'unité. Les chiffres servent à écrire les s. Nom de .
PASC.: « La géométrie ne peut définir ni le mouvement, ni les s, ni l'espace ; et cependant ces trois choses sont celles qu'elle considère particulièrement »
PASC.: « Les s imitent l'espace, qui sont de nature si différente »
PASC.: « Le infini »
BOILEAU: « Plus de douze attroupés craindre le impair »
VOLT.: « Quand Newton dit que le est un rapport abstrait d'une quantité à une autre de même espèce, n'a-t-il pas entendu par là l'usage des s en arithmétique, en géométrie ? »
VOLT.: « Euclide avait-il raison de définir le , collection d'unités de même espèce ? »
VOLT.: « Wolf dit : le est ce qui a le même rapport avec l'unité qu'une ligne droite avec une ligne droite ; n'est-ce pas plutôt une propriété attribuée au qu'une définition ? »
VOLT.: « Si j'osais, je définirais simplement le , l'idée de plusieurs unités »
VOLT.: « Point de , point d'extension à laquelle je ne puisse ajouter »
CONDILLAC: « Il n'y a, si je puis m'exprimer ainsi, que des un, un, un, et les s ne sont que dans des noms que nous avons faits pour notre usage »
    Les grands s, les s composés de beaucoup de chiffres.
CONDILLAC: « Dans le calcul des grands s, la multiplication est bien longue, la division l'est plus encore, et il serait commode de n'avoir à faire que des additions et des soustractions »
    Nombre abstrait, tout considéré en lui-même, sans application à rien de déterminé, dit aussi, bien que rarement aujourd'hui, nombrant.
CONDILLAC: « Considérer les s d'une manière générale ou comme applicables à tous les objets de l'univers, c'est la même chose que de ne les appliquer à aucun de ces objets en particulier ; c'est la même chose que les abstraire ou les séparer de ces objets pour les considérer à part »
CONDILLAC: « Il ne faut pas se faire illusion en s'imaginant que les idées des s séparés de leurs signes soient quelque chose de clair et de déterminé »
    Nombre cardinal, tout qui sert à marquer la quantité, comme un, deux, etc.
    Nombre d'ordre ou ordinal, tout qui sert à marquer l'ordre, comme premier, second, etc.
    Nombre collectif, tout qui exprime l'assemblage de plusieurs unités, comme une dizaine, une vingtaine, etc.
    Nombre concret, celui qui exprime l'espèce de l'unité, comme vingt ans, cent écus, dit aussi, bien que rarement aujourd'hui, nombré. Dans quatre arbres, quatre a une signification concrète. Multiplier 4 mètres 39 par 3 francs 80, pour former un certain produit, est faire une multiplication de s concrets.
    Nombre entier, celui qui contient l'unité un certain de fois exactement. Un, deux, trois, quatre sont des s entiers.
    Nombres naturels, les s entiers.
    Nombre rompu, ancien synonyme de fraction.
    Nombre rond, se dit, dans le langage vulgaire, d'un de ces s auxquels on rapporte le plus souvent les comptes, comme dix, vingt, cinquante, cent, etc. Cent francs est un rond par rapport à 97 ou 98 fr. ou à 101 ou à 102 fr.
    Nombre carré, synonyme de seconde puissance. Quatre est un carré, par rapport à deux.
    Nombre cube ou cubique, synonyme de troisième puissance. Vingt-sept est un cubique, par rapport à trois.
    Nombre décimal, de parties de l'unité divisée en dix.

 2   Théorie des s, partie des mathématiques qui s'occupe des propriétés des s.
    Nombre premier, celui qui n'est divisible que par lui-même et par l'unité, comme 3, 5, 7.
    Nombres premiers entre eux, s qui n'ont aucun diviseur commun, comme 14, qui n'est divisible que par 2 et 7, et 15, qui ne l'est que par 3 et 5.
    Nombre parfait, celui qui est égal à la somme de tous ses diviseurs, comme 6 qui est divisible par 1, 2 et 3, et qui est leur somme.
    Nombre imparfait, par défaut ou par surabondance, se dit par opposition à parfait.
    Nombres homogènes, s composés des mêmes facteurs premiers.
    Nombre plan, formé par la multiplication de deux s et représentant une surface rectangulaire.
    Nombre solide, qui se forme en multipliant un plan par un troisième facteur et qui représente un parallélipipède rectangle.
    Nombre polygone, se dit des s formés par l'addition d'une certaine quantité des premiers termes d'une série de s commençant par l'unité et ayant une différence constante.
    Nombre pyramidal, se dit des s formés par l'addition d'une certaine quantité des premiers termes d'une série de s polygones.
    Nombre triangulaire, se dit des s formés par l'addition d'une certaine quantité des premiers termes de la série des s naturels 1, 2, 3, 4, etc.

 3   Doctrine des s, système d'anciens philosophes grecs qui supposaient l'univers réglé par les s, et qui attachaient à certains s des propriétés mystérieuses.
MONTESQ.: « Le jurisconsulte Paul dit que l'enfant naît parfait au septième mois, et que la raison des s de Pythagore semble le prouver »
VOLT.: « Le pouvoir des s fut d'autant plus respecté parmi nous qu'on n'y comprenait rien »
BARTHÉL.: « La doctrine des s est si obscure, si profonde et si attrayante pour des esprits oisifs qu'elle a fait éclore une foule l'opinions »
BARTHÉL.: « Observons ici que Pythagore ne disait point que tout avait été fait par la vertu des s, mais suivant les proportions des s »

 4   Dans la numération, , dizaine, centaine, etc. unité, dizaine, centaine, etc.

 5   Terme de chimie. Nombres proportionnels, les équivalents.

 6   S. m. Les Nombres, livre de l'Ancien Testament où Moïse fait le dénombrement du peuple de Dieu par tribus, et qui est le cinquième du Pentateuque.

 7   Nombre d'or, période de dix-neuf ans, trouvée par Méton d'Athènes, au bout de laquelle la lune recommençait son cours avec le soleil, à une heure près et quelques minutes ; ainsi dit parce qu'il s'écrivait avec la couleur or.

 8   Quantité indéterminée. Un petit . Un grand .
MAIRET: « Poursuivons donc, Romains, achevons la victoire ; Qu'un de captifs augmente votre gloire »
ROTR.: « Un de corbeaux aussi funeste qu'elles A quelque temps après redoublé mon effroi »
MOL.: « Je veux jouir, s'il vous plaît, de quelque de beaux jours que m'offre la jeunesse »
MOL.: « Hélas ! et croyez-vous que l'on se mette en peine De ce d'amants dont vous faites la vaine ? »
PASC.: « Ils étaient les plus forts en »
PASC.: « Pour des casuistes et des nouveaux scolastiques, il vous en apportera un beau »
FLÉCH.: « Le de ses serviteurs pouvait être à charge à sa dépense, mais non pas à sa générosité »
RAC.: « Ma fuite arrêtera vos discordes fatales ; Seigneur, j'irai remplir le des vestales »
    Faire , compter, figurer.
LA FONT.: « Un carpeau, qui n'était encore que fretin, Fut pris par un pêcheur au bord d'une rivière : Tout fait , dit l'homme, en voyant son butin »
BOSSUET: « Que si toutes ses années [du vieillard blanchi dans les vanités de la terre] sont perdues, elles ne sont pas capables de faire »
J. J. ROUSS.: « Peut-être n'est-il pas fâché de tenir une place, de faire »
    Ne pas faire de , n'avoir point d'importance.
JURIEU: « Comme les sociniens ne font point de dans le monde, qu'ils y sont dispersés sans y faire figure »
    N'être là que pour faire , ne pas compter comme personnage actif.
BOSSUET: « Je ne suis rien ; un si petit intervalle n'est pas capable de me distinguer du néant ; on ne m'a envoyé [dans la vie] que pour faire »
FONTEN.: « Partout ailleurs [que dans leur monde] ils [les soleils] ne servent qu'à faire »
SAINT-SIMON: « M. d'Elbeuf ne fit que , et ne se mêla jamais de rien »
    Après un grand , suivi d'un nom au pluriel, on met à volonté le verbe qui suit au singulier ou au pluriel. Un grand de soldats fut tué dans ce combat.
     Dict. de l'Académie, à CONVIER: Un grand de personnes avaient été conviées à la cérémonie
     ib. à ACCLAMATION: Acclamation se dit des cris par lesquels un plus ou moins grand de personnes marquent la joie qu'elles ont de quelque chose
FÉN.: « Un infini d'oiseaux faisaient résonner ces bocages de leurs doux chants »
    Quand grand n'a pas de complément au pluriel, on met le verbe au singulier.
VOLT.: « Le plus grand m'a assuré qu'il [Charles XII] voulut.... »
    En ce sens, on peut dire sans article. Nombre de couvents furent supprimés.
MARIV.: « J'ai pourtant vu de sots qui n'avaient et ne connaissaient point d'autres mérites dans le monde, que celui d'être nés nobles, ou dans un rang distingué »
VAUVENARGUES.: « Nombre de dissertateurs qui raisonnent à l'infini »
    En ce sens, le verbe se met toujours au pluriel.
    Petit , petite quantité.
BOSSUET: « Le petit des Juifs qui avait reçu l'Évangile »
RAC.: « D'adorateurs zélés à peine un petit Ose des premiers temps nous retracer quelque ombre »
FÉN.: « Je suis charmé du progrès qu'un petit d'auteurs ont donné à notre poésie »
LA BRUY.: « Le petit de ceux qui courent après lui ne peut l'atteindre »
VOLT.: « Cette bataille [de Vienne, contre les Turcs] peut être comptée parmi celles qui font voir que le petit l'a presque toujours emporté sur le grand, peut-être parce qu'il y a trop de confusion dans les armées immenses et plus d'ordre dans les autres »
    En cet emploi, le verbe se met à volonté au singulier ou au pluriel.
    Particulièrement, le petit , un petit d'hommes, par opposition à la foule, au vulgaire.
VOLT.: « Le petit qui pense conduit le grand avec le temps »

 9   Supériorité numérique.
CORN.: « Excusez la vertu sous le accablée »
CORN.: « Tandis que sa vertu succombe sous le »
MONTESQ.: « Enfin il a cédé au , et il est tombé à nos pieds »
BÉRANG.: « Consolons par ce mot-là [tout est perdu, fors l'honneur] Ceux que le accabla »

 10   Terme de grammaire. Forme indiquant qu'un nom ou verbe appartient à un seul objet ou à plusieurs. Nombre singulier. Nombre pluriel.
DUMARS.: « Nombre, en termes de grammaire, se dit de la propriété qu'ont les terminaisons des noms et celles des verbes, de marquer si le mot doit être entendu d'une seule personne, ou si l'on doit l'entendre de plusieurs »

 11   Harmonie qui résulte d'un certain arrangement de mots dans la prose et dans les vers.
BOILEAU: « La rime au bout des mots assemblés sans mesure Tenait lieu d'ornement, de et de césure »
BOUHOURS: « Balzac fut le premier auteur de ce changement, en donnant à notre langue un tour et un qu'elle n'avait pas auparavant »
ROLLIN: « Il y a dans l'homme un goût naturel qui le rend sensible au et à la cadence ; et, pour introduire dans les langues cette espèce d'harmonie et de concert, il n'a fallu que consulter la nature »
MONTESQ.: « Les mêmes s et les mêmes chutes mettent de l'ennui dans un long poëme »
D'ALEMB.: « Deux choses charment l'oreille dans le discours, le son et le : le son consiste dans la qualité des mots ; et le dans leur arrangement »
MARMONTEL: « Dans l'éloquence du barreau, cette recherche curieuse et continuelle du serait nuisible à l'éloquence ; il ne doit ni en être exclus, ni trop y dominer, surtout dans les endroits pathétiques »
LAMART.: « Nous répétons les vers de ces hommes divins Qui dérobent des sons aux luths des séraphins, Ornent la vérité de et de mesure, Et parlent par image ainsi que la nature »
    Le oratoire, le rhythme plus ou moins large de la phrase éloquente.

 12   Il se dit aussi dans le sens de régularité en général.
MASS.: « Qui dispose de tout avec poids, avec , avec mesure »

 13   Terme d'horloger. Se dit de la quantité de dents donnée à chaque roue d'une horloge, pour qu'elle fasse les révolutions qu'on demande. Nombre rentrant, se dit pour exprimer que le du pignon est partie aliquote du de la roue dans laquelle il engrène.

 14   Dans le , locution adverb. qui signifie parmi plusieurs, entre plusieurs, et qui s'emploie relativement à des personnes ou à des choses dont on vient de parler.
SÉV.: « Je voudrais bien que vous ne me missiez point dans le de ceux que vous trouvez qui souhaitaient votre départ »
SÉV.: « L'espèce de folie dont vous parlez manquait absolument dans le de toutes celles qu'on a connues jusques ici »

 15   Au de, du de, loc. prép. Parmi, au rang de.
BOSSUET: « Ils l'avaient mis au des magiciens »
    Du , s'emploie aussi adverbialement.
SÉV.: « Vous serez peut-être du »
SÉV.: « Votre enfant est de ce »

 16   En , ux. Ils viennent en .
BUFF.: « La gelinotte ne se trouve en que dans les climats froids »
    En termes de librairie, livres de fonds et en , par opposition aux livres de hasard acquis dans les ventes, etc. dont la librairie ne possède qu'un ou quelques exemplaires.

 17   Sans , loc. adverb. En multitude, en quantité si grande qu'on la suppose in nombrable.
CORN.: « Aussi bien en un seul voici des maux sans »
SÉV.: « Les derniers malheurs étaient sans »
BOILEAU: « De figures sans égayez votre ouvrage »
RAC.: « Vos invincibles mains Ont de monstres sans affranchi les humains »

HISTORIQUE
    XIIème siècle
     Machab. I, 6: E li s de son host [armée] si fu cent et vingt mile homes
    XIIIème siècle
     Comput, f° 1: On escrit de vermellon le d'or en tous kalendriers
VILLEH.: « Et fu si grans li gaaings, que nus ne vos en sauroit dire le »
BEAUMANOIR: « Tel cheval qu'il me demande, il le me vendi tel d'argent, et l'offre à prouver »
    XVème siècle
FROISS.: « Tant en y vint d'un costé et d'un autre qu'ils furent bien en »
FROISS.: « Aussi de ducs, de comtes et de barons tant que sans »
COMM.: « À Sainct Mor des fossez se logerent les ducs de Berry et Bretaigne avec ung de leurs gens, et tout le demourant envoyerent loger à.... »
COMM.: « Il y avoit largement gens d'armes et grant d'artillerie »
    XVIème siècle
AMYOT: « Des meurtres sans fin et sans »
AMYOT: « Sur l'autre rive de la riviere paissoient quelque de vaches consacrées à la deesse Diane »
     Hist. du chev. Bayard, p. 107, dans LACURNE: À vous ouyr desirez merveilleusement les armes contre

ÉTYMOLOGIE
    Provenç. ; espagn. portug. et ital. numero ; du lat. numerus, qui se rattache au verbe grec partager.


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. masculin 


Il se dit de L'unité, d'une collection d'unités, des parties de l'unité. "Le se considère de deux manières, comme abstrait, ou comme concret."



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie aussi, Quantité, multitude. "Un prodigieux. Il y avait un infini de personnes à cette fête. Il a d'amis, il en a un bon . Nous étions de gens. La valeur dut céder au . Nombre d'historiens l'ont ainsi raconté. Je l'ai vu de fois."



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



en termes de Grammaire, se dit Des noms et des verbes, selon qu'ils s'appliquent à une chose ou à plusieurs. "Nombre singulier. Nombre pluriel. Dans la plupart des langues, le substantif et l'adjectif doivent s'accorder en genre et en ."



4ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie encore, L'harmonie qui résulte d'un certain arrangement de mots dans la prose et dans les vers. "Cette période, cette phrase, ce style, cette prose, cette poésie a du , manque de ."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Subst. masculin 

NOMBRER, v. act. NOMBREUX, EûSE, adj. ["Nonbre", "bré", "breû", "breû-ze:" 1re lon. 2e "e" muet au 1er, "é" fer. au 2d, lon. aux deux derniers.] I. "Nombre", se dit de plusieurs unités considérées ensemble. 'Un ne "fait" pas "nombre": deux "font ". '"Le de" dix, de vingt. "Nombre" pair, "ou" impair, etc. = On divise les "noms de ", en "absolus", ou "cardinaux", un, deux, trois, quatre, etc. en "ordinaux" ou "d'ordre"; premier, second, troisième, etc. en "collectifs"; dixaine, douzaine, centaine, etc. en "distributifs", le tiers, le quart, etc. en "augmentatifs"; le double, le triple, etc. Voy. "Absolu", "Cardinal", "Ordinal". = De ces cinq sortes de noms de , les trois derniers sont toujours substantifs. Les deux aûtres sont d'eux-mêmes adjectifs: mais il y a diverses ocasions, où ils sont employés substantivement: on dit: un "deux", un "trois", un "quatre", etc. Le "premier", le "second", etc. "La première", "la seconde", pour la "première" ou la "seconde classe", ou, "Chambre", "du Parlement". On dit aussi avoir "un cinquième", "un dixième dans" une afaire, etc. = Les "nombres absolus" ou "cardinaux" se mettent quelquefois à la place des ordinaux. Ainsi l'on dit, Charles "six", Louis "seize", pour Charles "sixième", Louis "seizième"; le "dix", le "vingt" du mois pour, le "dixième", le "vingtième".
   "Rem." En additionant les noms de absolus, faut-il se servir du verbe "faire" ou du verbe "être"? Faut-il dire, par exemple, cinq et quatre "font neuf" ou "sont neuf". M. "Brossette" décide que la première manière est la seule bone: Mr. de "Saint Marc" dit au contraire, que la seconde est aussi bien selon l'usage, et peut-être mieux selon la règle. Le premier loûe "Boileau" d'avoir changé "sont" en "font": l'aûtre assûre que rien n'était moins nécessaire que ce changement. L'usage est partagé là dessus comme l'opinion.
   II. NOMBRE, signifie aussi, "quantité", "multitude". En ce sens, il régit d'aûtres noms au génitif avec l'article indéfini, "de": '"Un" grand " de" soldats. Sur quoi, il est à remarquer. 1°. Que les noms collectifs ne peuvent être ainsi régis, qu'autant qu'ils peuvent se diviser par un, deux, trois, etc. On dit "un" grand " de" royaumes; parce qu'on peut dire, "un" royaume, "deux", "trois" royaumes: mais on ne doit pas dire, "un" grand " de" troupes; "un" grand " de" cavalerie; parce qu'on ne dit pas, dans cette acception, "une" troupe, "deux" troupes; "une" cavalerie, "deux" cavaleries, etc. Il faut se servir alors de l'adjectif "nombreux". 'Des troupes "nombreûses"; une "nombreûse" cavalerie.
- De bons Auteurs fournissent des exemples contraires à cette observation. Je ne crois pas pourtant qu'ils doivent être imités en cela. '"Un " infini "de peuple". VERTOT. Je voudrais dire, "de Plébéïens". 'Ce fut en présence des Princes, des Prélats et d'un "nombre" infini "de peuple" qu'il fit cet excellent discours. "Marsolier". Je dirais, et "d' un " infini "de persones de tout rang", ou "de toute condition". 'Il n'y a point de secte, qui par "son ", par sa durée, "etc." méritât mieux d'être prédite. "Boss." On ne dit pas plus "le d'une" secte, que "le d'une" armée, "d'une" ville. On doit dire, "le des" sectateurs, "des" combatans, "des" habitans. 'C'est "le du peuple" et l'abondance des alimens, qui fait la vraie force et la vraie richesse du Royaume. "Télém." Je crois qu'il faut aussi, en cet endroit, "le des sujets".
- 2°. "Nombre", quoiqu' au singulier, exige le pluriel du verbe: '"Un" petit " s' échapèrent" et se sauvèrent dans les marais. "J. J. Rousseau". Tacite. '"Le" grand " n'envisageoient" que leur propre intérêt. "Rollin".
- 3°. "Nombre" s'emploie quelquefois sans article. 'Il est, "ou", il y a " de" persones. '"Nombre de" parens "et" Instituteurs. "Anon." Il falait "et d'"Instituteurs. 'Il a " d'"amis: nous étions " de" gens.
- Mais je ne crois pas qu'on dise: "il en est ", comme dit l'Ab. "Coyer". '"S'il en est ", qui marchent encôre. "En", pronom, suplée pour "de;" mais pas toujours. = On dit aussi, "avoir " ou "grand " (sans article) "de", pour, "avoir un grand de". 'Le propriétaire, qui "a de" vignes. "Pluche". Là, "nombre" peut être regardé comme un adverbe de quantité, comme "beaucoup", par exemple; et il a le même régime. 'J'ai vu " de" sots, qui ne connoissoient point d'autre mérite dans le monde que celui d'être né noble, ou dans un rang distingué. "Mariv."
   Il n'est ma foi rien tel que la richesse,
   Pour avoir "grand d'"amis.
       L'Ab. "Reyre".

- 3°. "Un grand " ne modifie pas les adjectifs. * 'La Traduction d'"Horace" de M. "Dacier" n'est guères estimable que par les "Remarques", qui l'acompagnent: parmi "un grand de" curieûses et "d'"instructives, on "en" trouve "plusieurs d'"inutiles et "de" difuses.
- Dans cette phrâse, "plusieurs" est régulièrement placé, parce qu'il est régi par "en", le supléant et le représentant de "remarques"; mais les adjectifs "curieûses" et "instructives" ne sont pas régis par "en", et sont mal régis par "un grand ". Pour rendre la phrâses régulière, il aurait falu dire: il y "en a un grand de" curieuses, etc. mais il y "en" a aussi plusieurs "d'"inutiles, etc.
- 4°. "Au ", ou, "du de", expressions adverbiales. 'Il fut mis "au ", ou, il "était du des" Avocats, qu'on avait choisis. Mais les pronoms relatifs ou possessifs ne font pas bien dans cette expression. '* Il "en était" du ; on choisit des Avocats, "dont" il "fut du ". 'Non seulement par l'espérance de revivre dans ses enfans, mais encôre par celle d'avoir "en leur " le Désiré des Nations. "Bossuet". Le pronom "leur" ne fait pas mieux dans cette phrâse que "dont" et "en" dans les précédentes; c'est une nouvelle preûve qu'ils ne peuvent pas toujours remplacer la prép. "de". = "De qui", "desquels" peuvent être admis dans cette expression, parce que cette prép. "de" y est exprimée. Le pronom "ce" n'y fait pas mal non plus. 'On choisit quelques Avocats, "au de qui" ou "desquels" il se trouva. 'Il fut de "ce ".
- 5°. "Faire ", se dit aussi sans article. 'Il n'est pas d'une grande utilité, mais il "fait ".
- "Bossuet" met devant "nombre" l'article indéfini (la prép. "de".) Les Sociniens "ne font point de " dans le monde L'article "de" est de trop. On pourrait peut-être dire que l'Auteur l'a mis à cause de la négative "point". Mais on dit fort bien: "ne" lui donez "point place" parmi les bons Auteurs; vous "ne" lui rendez "pas justice"; vous "n'"avez "pas raison", etc. et non pas, "ne" lui donez "pas de" place; vous "ne" lui rendez "pas de" justice; vous "n'"avez pas "de raison", etc. Il faut donc dire aussi: ils "ne" font "point ", et non pas "de ".
- 6°. Le même Auteur ("Bossuet") dit âilleurs: 'Benjamin, "petit en ", y demeure mélé avec eux. On pourrait donc dire, ce peuple est "grand en ", médiocre "en ", moindre "en " que l'aûtre. Tout cela est contre l'usage; on dit peu "nombreux", fort "nombreux", moins "nombreux", etc.
- 7°. "Sans ", adv. 'Il y a des faûtes "sans ": il y a une grande quantité de faûtes.
   III. NOMBRE, en parlant du "style". Arrangement mélodieux des paroles dans les vers, ou dans la prôse. 'Il y "du " dans ces vers, dans cette période.
   NOMBRER, compter; suputer combien il y a d'unités dans un . 'On ne saurait "nombrer les" désordres et les malheurs que caûsent les guerres civiles. Il est plus usité dans le moral que dans le physique. Pour les sommes, on dit plutôt "compter" ou "suputer".
   NOMBREUX, qui est en grand . 'Peuple "nombreux"; assemblée "nombreûse". = "Harmonieux". (n°. III.) 'Vers "nombreux", période "nombreûse".




Emplacement dans le dictionnaire :

nolis
nolisé
nolisement
noliser
nom
nomade
nombles
nombrable
nombré

nombre nombrant
nombre nombré
nombrer
nombreux
nombril
nombrilisme
nombriliste
nome
nôme
nomenclateur
nomenclature




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Jean MORÉAS (Iphigénie)

...le sais-je mon enfant ? Ai-je bien fait ou non ? Iphigénie tu n'es donc plus content de nous revoir ici ? Ces regards, cet air sombre... Agamemnon un roi chef d'une armée a des soucis sans nombre. Iphigénie sois à moi maintenant, laisse là tes soucis. Allons, regarde-moi sans froncer les sourcils. Agamemnon ma fille, assurément ta présence m'est chère autant qu'elle le doit. Iphigénie...


Citation n°2 de Jean MORÉAS (Iphigénie)

...leur fureur scélérate, si je garde ma fille et ne la livre pas. Achille, viendront-ils l'arracher de mes bras ? Achille pour entraîner ta fille et presser son supplice, ils viendront en grand nombre et conduits par Ulysse. Clytemnestre ce fourbe, rejeton de Sisyphe ? Achille vraiment, lui-même. Clytemnestre Ô perfide ! Indigne égarement ! Ô misérable coeur ! Se peut-il qu'il consente a se...


Citation n°3 de Jean MORÉAS (Les Stances)

...1er LIVRE (III) Eh quoi ! Peut-être aussi c'était mon naturel : je fus doux, étant dur, et rieur, étant sombre ; je voulus faire un dieu de tout ce temporel, et je traîne après moi des fantômes sans nombre. L'homme mortel succombe et le sort est vainqueur. Apollon, dieu cruel, ennemi de ta race, si tu m'as fait saigner tout le sang de mon coeur, ce que tu châtiais, c'était ta propre audace. 1er LIVRE...


Citation n°4 de Jean MORÉAS (Les Stances)

...douce comme le miel, emprunte d'ici-bas, certes, le caractère le plus substantiel. La vie est la fumée et la mort est son ombre ; intérêts, capitaux, tout est dans la balance : il faut chercher le nombre qui règle les plateaux. 5e LIVRE (i) Le trésor du verger et le jardin en fête, les fleurs des champs, des bois, éclatent de plaisir, hélas ! Et sur leur tête le vent enfle sa voix. Mais toi, noble...


Citation n°5 de Jean MORÉAS (Les Stances)

...ô chère porte de mon Paris, déjà le vent a fait rouler la feuille morte. Bientôt sous la lueur de la lampe, aux reflets du brasier sombre, pensif, j'écouterai heurter à mes volets l'aile du nombre. Et moi, que l'amitié, l'amour et la douceur, tout abandonne, je veux goûter, avec le tabac, le berceur extrême automne. 5e LIVRE (VI) Me faudra-t-il l'horreur de l'écume et du vent, et la bruyère...


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